02.04.2008
L'IFP : "conviction, argumentation, action"
Avoir des idées c'est bien, être capable de les mettre en oeuvre et de les faire entendre c'est mieux. C'est l'objectif de l'Institut de formation politique.

L'Institut de formation politique est né il y a 4 ans d'un constat partagé par Alexandre Pesey, Thomas Millon et Jean Martinez : “à la fac, en tant qu'étudiants, nous avons tous les mêmes codes, nous lisons les mêmes revues, les mêmes journaux, nous faisons référence aux mêmes auteurs...”
Pour le directeur de l'IFP, Alexandre Pesey, l'enseignement universitaire manque d'une formation pratique pour les étudiants. “Les étudiants connaissent beaucoup d'idées mais très peu de techniques.” Il déplore qu'aucun exercice pratique ne soit mis en oeuvre, “à part l'oral de fin d'année où on est tout rouge...”
Les dirigeants de l'IFP se revendiquent “plutôt de droite” mais précisent que l'Institut ne produit pas d'idées. Il a pour objectif de donner à des jeunes une formation sur le plan des techniques, afin de leur permettre de mettre en application leurs idées. L'objectif est tout de même de “faire entendre un son de cloche un peu différent”.
Dans une interview à l'hebdomadaire en ligne Conscience politique en février 2005, Alexandre Pesey expliquait : “La création de l’IFP part de la conviction forte que la société civile se doit d’identifier, de former et de placer des individus de conviction, intègres, capables de prendre les décisions courageuses qui s’imposent. Des partis, des think tanks, des groupes de pression, des fondations, des revues et des sites internet apportent leur pierre. Mais il n’y a pas d’écoles qui apprennent aux jeunes à lutter contre la pensée unique de gauche, qui les aide à promouvoir la primauté de la personne et les valeurs de liberté et de responsabilité. Voilà exactement ce qu’est l’IFP.”
L'IFP communique peu, il n'a donc pas encore d'image ou de marque : “Nous ne sommes pas encore marqué, même si nous sommes politiquement à droite.”
Les dirigeants tiennent d'ailleurs à ce qu'“aucun responsable ne puisse exercer de responsabilité politique”.
“Nous voulons pouvoir discuter de tout, on peut tout aborder”.
Au programme : parler de tout
L'IFP fait appel à des journalistes, universitaires, responsables d'associations pour animer les ateliers avec les étudiants. Les organisateurs plongent dans leurs carnets d'adresses ou bien appellent directement les personnes qu'ils souhaitent recevoir. “Ils répondent presque tous oui.”
“Nous n'avons jamais invité d'homme politique mais des personnes de leur entourage professionnel qui peuvent nous parler de leur travail.”
Les étudiants ne sont que 16 par séminaire. Alexandre Pesey cherche à éviter le côté “cours margistral”. Sur une intervention de 1h30, les participants assistent à environ 3/4 h de conférence, puis les invités répondent à leurs questions. Le maître mot des formations c'est l'interaction, jusque dans la disposition des tables, en U.
Depuis sa création, l'IFP s'est enrichit de nouveaux programmes. Il existe maintenant deux niveaux de séminaire. Le second niveau n'est accessible qu'après un passage au premier. Exigences supplémentaires : les participants doivent effectuer des lectures en amont et préparer quelques exercices pratiques.
Autre nouveauté : un dîner mensuel, auquel peuvent participer les étudiants ayant assister à un séminaire de niveau 1. Environ 15 personnes se retrouvent autour de chefs d'entreprise, d'experts, d'universitaires... C'est un “petit coup d'air frais”. Exemple de thème abordés lors des dîners : discrimination positive, droit au logement...
Succès confidentiel mais succès quand même
L'IFP ne reçoit aucun financement public, “pour ne pas être dépendant”.
“Et puis, c'est le contribuable qui doit décider où va son argent. On ne tient pas à participer à la “subventionnite aiguë” du moment. L'argent du contribuable doit aller aux services essentiels”.
Aucune subvention donc mais des petits donateurs recrutés par publipostage ou directement par mail. L'Institut de formation politique s'est inspiré des méthodes de Contribuables associés.
“L'IFP est une toute petite structure, on a un local depuis un an seulement.”
“On progresse tout doucement... Chaque année, nous organisons un peu plus d'événements. En 2008, nous organisons sept séminaires.”
La plupart des participants viennent par bouche-à-oreille. Les organisateurs sondent l'état d'esprit des participants en leur faisant remplir, en fin de week-end, des questionnaires de satisfaction. L'IFP ne fait pas de pub. Pas besoin : les séminaires sont toujours complets.
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